J étais une petite fille très active.
Adolescente j étais très complexée par ma grande taille, je commençais à faire des bêtises je filais vers un très mauvais chemin. Un jour ma grande soeur me propose de m inscrire au basket, sport où ma grande taille deviendrait un atout et où j allais pensait-elle canaliser mon énergie.
J ai commencé à 14 ans en club. ça était le coup de foudre avec ce sport. Mais les quelques heures de club ne me suffisait pas.
J avais envie de m exercer tout le temps ! Dehors dans le quartier il y avait des paniers de basket, beaucoup de garçons y jouaient mais aucune fille. J ai pris une balle un jour, j y suis allée et j ai immédiatement était rejetée et de manière assez violente par des phrases telles que : « vas faire la vaisselle, rentre à la maison », je comprenais vaguement à cet âge là que l on voulait m emprisonner dans une image.
Parce que j étais une fille je n avais pas le droit d être là sur ce terrain de jeu ! C était le même état d esprit en famille : une fille ça doit rester à la maison et c est tout.
Cela m a donné encore plus de courage pour continuer. Je déteste l exclusion, l injustice. Cette réaction des garçons et de mon entourage familial m a forcée à travailler encore plus pour prouver qu on peut être une fille et pratiquer un sport.
Je voulais prouver qu une fille méritait le respect au même titre qu un garçon. A l heure du déjeuner et le soir parfois, les paniers de basket étaient libres, et j en profitais pour m entraîner encore et encore.
J affinais mon shoot, mon dribble pour pouvoir entrer en défis avec les gars. Bien sûr je passais beaucoup de temps dehors et à la maison c était parfois très conflictuel. On n acceptait pas trop ma passion pour le sport.
Mais les frangines me soutenaient et m encourageaient à continuer. Un jour dans le quartier je fais un défi contre un garçon plus âgé que moi, il m a battu mais je lui ai donné du fil à retordre.
A la fin il m a dit à peu près ça : « c est bien t as vachement progressé, continue ! » Ce même gars a rencontré ma grande soeur en lui disant « eh ! ta petite soeur a la rage, entre les débuts et maintenant c est plus pareil ! » tout ceci n a fait qu entretenir ma passion et mon esprit sportif.
L esprit sportif pour moi, c est de ne jamais baisser la tête face aux difficultés, ne pas se résigner. Plus il y a d obstacles, plus on te décourage et plus le jeu en vaut la chandelle. Le basket me permet encore aujourd hui de gérer mes émotions, mon stress, et surtout il m a fait comprendre la valeur de la solidarité et du respect des autres.
Aujourd hui dans pas mal de quartiers où j ai joué ( Sarcelles, Garges-Lès-Gonesse, Saint-Denis, Paris...) on ne m appelle plus que la basketteuse ! A la maison ça a changé aussi : j ai acquis le respect et tout le monde accepte mes choix.